L'Actualité des Artistes Contemporains Asiatiques 


Chiaru Shiota, Black Rain, Galerie Templon, Bruxelles, 2019

L’ARTISTE JAPONAISE CHIARU SHIOTA PRESENTE « BLACK RAIN », UNE FORET DE PARAPLUIES NOIRS SUSPENDUS, A LA GALERIE TEMPLON A BRUXELLES
Japanese artist Chiaru Shiota presents « Black Rain », a forest of suspended black umbrellas, at Galerie Templon in Brussels

À la veille d'Art Brussels (25-28 Avril 2019), l'artiste japonaise Chiharu Shiota dévoilera une nouvelle installation intitulée « Black Rain », à la galerie Templon/Bruxelles. Cette œuvre présente un décor spectaculaire de parapluies noirs suspendus : « Avec mon installation "Black Rain", je veux exprimer ce moment sombre de ma vie, la tempête que j'ai subie », explique l’artiste. En 2017, celle-ci a en effet vu resurgir un cancer qu’elle pensait enrayé. Une forêt de parapluies suspendus enveloppe ainsi les visiteurs sous un manteau sombre, à la fois menaçant et rassurant, troublant et onirique. En contrepoint, Chiharu Shiota présente une nouvelle collection de sculptures et de peintures dans des matériaux inattendus: bronze doré, verre couleur rouge sang, fil rouge et blanc. Chiharu Shiota est une artiste d’origine japonaise vivant à Berlin. Elle réalise des installations spectaculaires, souvent monumentales, généralement faites de fils tissés, de couleur rouge ou noir, des dessins et des vidéos. Artiste reconnue, elle expose artout dans le monde.

 


Zheng Guogu, Visionary Transformation, 2019, MOMA

« VISIONARY TRANSFORMATION », DE L’ARTISTE CHINOIS ZHENG GUOGU, AU MOMA, A NEW YORK JUSQU’AU 23 JUIN 2019
« Visionary Transformation », by the Chinese artist Zheng Guogu at Museum of Modern Art (MOMA) in New York till 23 June 2019

Visionary Transformation est la première exposition personnelle de l’artiste chinois Zheng Guogu aux Etats-Unis : elle présente une sélection de 12 peintures de sa Series Great Zhengy Transformation, réalisée au cours de ces 8 dernières années. Depuis le début des années 1990, Zheng Guogu a ainsi utilisé divers médias pour examiner l’impact de la mondialisation et des technologies numériques sur la vie et les traditions chinoises contemporaines. Les œuvres présentées dans l’exposition retravaillent les images des thangkas traditionnels bouddhistes, des peintures sur rouleaux suspendus qui servent d'outils de méditation. L’artiste superpose numériquement plusieurs thangkas en une seule image hallucinatoire, qu'il peint sur une toile à l'aide de différentes techniques. "Ces peintures évoquent la croyance bouddhiste en l'impermanence du monde physique, offrant des allégories des relations instables entre systèmes de pouvoir, croyances et histoire qui marquent notre époque".
Zheng Guogu vit à Yangjiang, province du Guangdong. Il a participé à de nombreuses expositions dans le monde. Il a reçu le Best Artist Award de la part des Chinese Contemporary Art Awards en 2006.

 

 


Zhou Chunya, China scenery, oil on canvas, 1993

 

PERSPECTIVES PLUS SOMBRES QUE PREVUES POUR LE MARCHE CHINOIS DE L’ART, D’APRES LES CONCLUSIONS DU RAPPORT TEFAF 2019
Darker than expected outlook for China's art market, based on TEFAF 2019 report findings

Publié le 15 Mars 2019, lors de la foire TEFAF à Maastricht, le rapport 2019 de l’European Fine Art Foundation (TEFAF) plonge dans le passé, le présent et le futur du marché chinois de l’art. Il prévoit que dans les cinq à dix prochaines années, le marché chinois de l'art sera beaucoup moins prospère que ces dernières années et ressemblera un peu plus à 2018, année pendant laquelle le marché chinois a chuté de plus de 16% dans le cadre de la plus grande récession économique du pays depuis 28 ans.
D’après le rapport TEFAF, les ventes sur le second marché chinois ne devraient pas retrouver leur sommet de 2011. Selon le rapport annuel produit par Artnet et la China Association of Auctionners(CAA), le chiffre d'affaires des ventes aux enchères d'objets d'art et d'antiquités en Chine continentale avait atteint en 2011 un record de 5,1 milliards de dollars. Kejia Wu, l'auteur du rapport, suppose qu'une grande partie de cette activité a été réalisée par de purs spéculateurs, dont la plupart ont quitté le marché de l'art pendant les turbulences des 8 années suivantes et la Chine n'a pas encore généré suffisamment d'acheteurs véritables pour combler le vide qui en résulte.
Le rapport renforce aussi l'idée que l'élite des collectionneurs chinois et la prochaine génération (en particulier les acheteurs nés dans les années 1980) ont développé un fort engouement pour l'art contemporain international. Ce changement a fortement incité un nombre croissant de galeries occidentales à faire le tour de la Chine par le biais de foires d’art et de nouveaux locaux permanents, et une fois sur place, à proposer des œuvres d’artistes en provenance aussi bien d’Orient que d’Occident   
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Zeng Fanzhi, Untitled, cast silver, 2017

LE CELEBRE ARTISTE CHINOIS ZENG FANZHI PRESENTE NEUF DE SES ŒUVRES AU SHANGHAI 166 ART SPACE, DU 15 MARS AU 10 AOUT 2019
The famous Chinese artist Zeng Fanzhi presents nine of his works at Shanghai 166 Art Space, from 15 March to 10 August 2019

Composée de 9 œuvres, l’exposition « Zeng Fanzhi Line » présente une sélection de peintures, de sculptures et d'œuvres sur papier réalisées par l'artiste au cours du dernier quart de siècle. Elle tire son titre d’une ligne graphique extraite de l’œuvre de Zeng Fanzhi. Elle examine la manière dont l’artiste utilise la texture du tableau pour présenter le sujet et révéler le niveau de mémoire de soi, comme le niveau de peinture qui se superpose constamment à la toile. Parmi les œuvres présentées : des autoportraits, Mask Series 95, "Us" (2002), Swimming (2006).
L’exposition a lieu au Shanghai 166 Art Space, du 15 Mars au 10 Août 2019

 


Qiu Zhijie, Memories are always unreliable
ink on paper, 2017

 

« QIU ZHIJIE. MAPPA MUNDI », L'ARTISTE CHINOIS EXPOSE AU UCCA, CENTER FOR CONTEMPORARY ART A PEKIN, DU 19 JANVIER AU 5 MAI 2019
« Qiu Zhijie. Mappa Mundi », the Chinese artist has a show at UCCA, Center for Contemporary Art, Beijing, from 19 January to 5 May 2019

Pour sa réouverture après rénovation, l'UCCA à Pékin, a choisi Qiu Zhijie pour incarner le type d'artiste chinois, international, capable de créer des relations et de véhiculer des messages artistiques à travers la Chine et à l'étranger. Depuis près de 10 ans, Qiu Zhijie a cartographié les réseaux imaginaires de ses recherches sociologiques, philosophiques, culturelles, politiques et épistémologiques. C'est à partir de cette synthèse de recherche, écriture et imagination que le projet « Mappa Mundi » (Mapping the World) est né. Qiu Zhijie utilise les récits et les techniques de cartographie associés à une ancienne tradition chinoise de cartographie de lieux imaginaires pour créer un territoire conceptuel. « Mappa Mundi » est la synthèse de décennies d'art contemporain chinois que l'artiste compare à un fleuve. Les montagnes du Nord représentent la politique chinoise, tandis que celles du Sud représentent les affaires du monde. Ensemble, ces montagnes constituent le contexte historique, social et politique à travers lequel le fleuve a tracé son chemin, trouvant son espace durement gagné pour la liberté d’expression.
Par ailleurs, dans le cadre de la série d’événements « Nantes sur les routes de la soie » (Février 2019 – Février 2020), le Passage Sainte-Croix accueille actuellement une exposition de Qiu Zhijie du 31 Janvier au Samedi 6 Avril 2019. Dix-neuf de ses œuvres sont exposées, dont deux réalisées spécialement pour cette exposition, en hommage à Jules Verne. 

 

http://www.creationcontemporaine-asie.com/medias/images/sheela-gowda-it-stands-fallen-installation-2017-ikon-gallery.jpg
Sheela Gowda, It Stands Fallen, installation, 2017
 

L’ARTISTE INDIENNE SHEELA GOWDA EXPOSE POUR LE PREMIERE FOIS EN ITALIE AU PIRELLI HANGARBICOCCA A MILAN, A PARTIR DU 7 AVRIL 2019
Indian artist Sheela Gowda has her first exhibition in Italy at Pirelli HangarBicocca in Milan, from 7 April 2019

Sheela Gowda, une des plus grandes artistes contemporaines indiennes, présente « Sheela Gowda Remains » au Pirelli HangarBicocca à Milan, du 7 Avril au 15 Septembre 2019. L'artiste présente une vaste sélection d’œuvres qu’elle a réalisées de 1996 à nos jours, notamment des aquarelles, des estampes et des installations spécifiques. Ses productions se caractérisent par une grande variété de matériaux (cheveux, substances organiques, bouse de vache, encens et pigments naturels) et sont présentées en liaison avec l'architecture emblématique de l'espace Navate au Pirelli HangarBicocca.
Par ailleurs, le 3 Mars 2019, Sheela Gowda a reçu le Maria Lassnig Prize 2019, décerné par la Maria Lassnig Foundation, en même temps que l’organisation d’une exposition personnelle qui aura lieu au Lenbachhaus Museum à Munich, en Allemagne, au printemps 2020. Peter Pakesch, le président du conseil d’administration de la Lassnig Foundation déclarait : “We are delighted to present the second award to Sheela Gowda, who, in her early oil painting and especially in her engagement with the difficult working conditions of women in Indian society, touches on themes that were also central to the work of Maria Lassnig.”

 

 


Lee Ufan, Relatum, Friendship,stone, metal, 2003

UNE RETROSPECTIVE DE L'ARTISTE COREEN LEE UFAN "HABITER LE TEMPS" EST PRESENTEE AU CENTRE POMPIDOU - METZ, DU 27 FEVRIER AU 30 SEPTEMBRE 2019
"Habiter le temps", a retrospective of the Korean artist Lee Ufan at Centre Pompidou-Metz, from 27 February to 30 September 2019

Le Centre Pompidou-Metz présente une exposition rétrospective de l’artiste coréen Lee Ufan, né en 1936, depuis ses premières réalisations de la fin des années 1960 jusqu’à ses créations les plus récentes. Lee Ufan est un artiste, sculpteur minimaliste, écrivain et philosophe. Depuis la fin des années 1960, il conjugue la peinture monochrome et la sculpture in situ. Il utilise des matériaux comme l’acier usiné, la pierre brute, le verre, le coton, le gravier, le sable, la toile et le papier. Il réalise des installations méditatives et ultra épurées, dignes des plus beaux jardins zen comme lors de son exposition dans les jardins de Versailles en 2014. L’artiste a conçu la structure de son exposition « Habiter le temps » : une quarantaine d’œuvres significatives, présentées en quinze salles, de formes et de dimensions changeantes. Lee Ufan a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles à travers le monde. Il partage sa vie entre Paris et  Kamakura au Japon. Lee Ufan devrait ouvrir prochainement une fondation à Arles dans l’ancien hôtel Vernon, une bâtisse du XVIIe siècle située près des arènes d’Arles,
L’exposition « Habiter le temps » a lieu au Centre Pompidou-Metz, France, du 27 Février au 30 Septembre 2019

 


Ren Hang, Untitled, MEP, 2019

UNE RETROSPECTIVE DU PHOTOGRAPHE CHINOIS CONTEMPORAIN REN HANG EST PROPOSEE A LA MAISON EUROPEENNE DE LA PHOTOGRAPHIE A PARIS, DU 6 MARS AU 26 MAI 2019
Retrospective of the Chinese contemporary photographer at Maison Européenne de la Photographie in Paris, from 6 March to 26 May 2019

L’exposition « LOVE, REN HANG » présente l’œuvre d’un des artistes chinois les plus influents de sa génération. L’artiste a eu un parcours très court, il s’est en effet suicidé à 29 ans à la suite d’une dépression. La Maison Européenne de la Photographie (MEP) lui rend hommage, deux ans après sa mort, en présentant 150 photographies de l’artiste. « L’exposition propose une plongée dans les différentes constellations oniriques de l’artiste : la présence du rouge, les couleurs acidulées, une salle consacrée à sa mère, une autre, plus sombre, dédiée à des prises de vue nocturnes. Enfin, une dernière salle rassemble ses travaux plus « osés », sur le corps, créant un lien, fort et organique, entre l’érotisme et la nature ». Ses images étaient ludiques et provocantes, époustouflantes sur le plan visuel, avec un sentiment de vulnérabilité sous-jacent, parfois à la limite de la pornographie, mais jamais vulgaires. Elles donnaient un aperçu de la sous-culture partagée par la jeunesse chinoise que les étrangers ne voyaient que très rarement, rapporte le New York Times du 5 Mars 2019 dans un article consacrée à l’artiste à l’occasion de cette exposition.
L’exposition a lieu à la Maison Européenne de la Photographie, 5/7 rue Fourcy, 75004 Paris, du 6 Mars au 26 Mai 2019

 

ART REVOLUTION TAIPEI (A.R.T.), DU 26 AU 29 AVRIL 2019 : UNE IDEE REVOLUTIONNAIRE POUR L’ORGANISATION D’EXPOSITIONS D’ARTISTES
The upcoming edition of Art Revolution Taipei (A.R.T.) from April 26 to 29 April 2019, is meant to bring a revolutionary idea to the conventional art shows of artists

Art Revolution Taipei est organisé par l’Association Internationale des Artistes contemporains de Taiwan. Il propose aux galeries de se concentrer davantage sur un artiste et de présenter chaque stand comme une exposition personnelle de cet artiste. Cette conception différente a fait la réputation de cette foire artistique en Asie. Depuis sa création en 2011, il a rassemblé chaque année des centaines d'artistes de plus de 60 pays du monde. Il présente des œuvres dans divers medias dans 9 sections. Dans sa section « Art Your Compassion », liant art et philanthropie, il invite des célébrités et des élites locales et étrangères à créer des œuvres dans leur choix de formats, allant de la peinture au collage, à la photographie et aux supports mixtes.
Art Revolution Taipei a lieu au World Trade Center à Taipei, du 26 au 29 Avril 2019

 
 


Chen Yifei, Warm spring in the jade pavillion, 1993
 

LE MARCHE MONDIAL DE L’ART CONTEMPORAIN : CONCENTRE ENTRE LONDRES, NEW YORK, PEKIN ET HONG KONG, D’APRES LE RAPPORT ARTPRICE 2018
Contemporary Art Market: concentrated among London New York, Beijing and Hong Kong, according to 2018 Artprice Report

D’après le dernier rapport 2018 de la société Artprice consacré au marché mondial de l’art contemporain, les États-Unis restent à la 1ère place du marché. Londres, New York, Pékin et Hong Kong concentrent à elles seules 82% du chiffre d’affaires mondial de l’art contemporain (mais 17% des lots vendus). Hong Kong représenterait la meilleure option de par sa position géographique – extraordinaire porte d’entrée sur un immense continent - et une législation beaucoup plus avantageuse. La maison de ventes anglo-saxonne Phillips a de fait préféré se développer à Hong Kong, plutôt qu’à Paris ou Pékin. Elle y réalise 7% de son chiffre d’affaires au premier semestre 2018. Dans les trois ventes qu’elle a organisées cette année à Hong Kong, la société Phillips a obtenu des résultats remarquables avec les artistes chinois Zhang Xiaogang et Fang Lijun, les japonais Yoshitomo Nara et Takashi Murakami, et l’indonésienne Christine Ay Tjoe. Takashi Murakami était le troisième artiste le plus vendu en nombre de lots cette année (457 lots) d’après le rapport Artprice.
Six maisons de ventes aux enchères chinoises se classaient parmi les 10 premières maisons de ventes aux enchères du monde pour l’art contemporain, avec en tête China Guardian, devant Poly Auction. La première a obtenu des ventes records  à 6,7m$ pour Zhou Chunya avec « Chinese tone » (1992) et 3,8 m$ pour Ai Xuan avec « Aspirant » (1980), ainsi que trois oeuvres de Chen Yifei pour près de 7m$. La Chine continentale réalise une très belle performance en chiffre d’affaires : 298m$, +15%. La part de marché de la grande Chine (Hong Kong et Taïwan inclus) se stabilise à 26% à 480m$. 
Chen Yifei a été cette année l’artiste chinois le plus performant aux enchères pour atteindre 47 m$, devant Zhang Xiaogang (22,5m$) et Zeng Fanzhi (20,3m$) dont les ventes ont quelque peu baissé ces dernières années. La peinture hyper réaliste est très appréciée en Chine, comme on le constate avec Chen Yifei (5ème dans le classement Artprice des 500 premiers artistes contemporains) mais aussi  Wang Yidong, Yang Feiyun ou Xu Qinfeng. L’artiste Ai Weiwei a chuté de 30 places dans le classement Artprice des 500 (-48%). La forte baisse de ses ventes tiendrait à la pénurie d’oeuvres véritablement majeures en circulation. Au second semestre 2018, l’artiste par contre revient dans l’actualité avec notamment une exposition au Mucem, Marseille, France et trois expositions en Californie.
 "C’est vers l’Empire du Milieu que se tournent les collectionneurs et galeristes, avec Hong kong comme plaque tournante", analysait en avril 2018 Nicolas Galley, directeur du programme Executive Master in Art Market Studies, à l’issue de la foire Art Basel à Hong kong. D’influentes galeries new-yorkaise (David Zwirner Gallery) et suisse (Hauser & Wirth) se sont ainsi installées à Hong Kong cette année. A la FIAC 2018, à Paris, la galerie américaine Pace gallery a choisi pour sa part de présenter cette année exclusivement des œuvres d’artistes chinois, parmi lesquels Zhang Xiaogang. 

 
 

 


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